Congrès européen de thérapie familiale

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« Confluences et Controverses », Lyon, 27-30 août 2025

Systemoun s’est rendue au Congrès Européen de Thérapie Familiale (EFTA) à Lyon, en août 2025, co-organisé avec le congrès sud-américain RELATES, autour d’un thème particulièrement actuel : « Confluences et Controverses ». L’événement a réuni plus de 1600 participants venus du monde entier – signe d’une communauté systémique vivante, diverse, et en dialogue constant avec les bouleversements contemporains.

Au-delà de la richesse des ateliers, ce congrès a été traversé par une tonalité forte : penser et pratiquer la thérapie familiale dans un monde instable, marqué par la violence, les ruptures sociales, les crises, mais aussi par la solidarité et les ressources collectives. Les mots d’ouverture ont posé une question centrale : que signifie être thérapeute systémicien « en temps de guerre » ? L’idée a été développée avec vigueur : chaque personne « apporte le monde » avec elle en séance, même sans le nommer ; dès lors, notre responsabilité ne se limite pas au symptomatique, mais engage une posture éthique, une attention au contexte, et parfois une forme d’activisme clinique (au sens d’un engagement pour la justice relationnelle et les conditions de vie).

Plusieurs apports nous ont particulièrement frappés. D’abord, un rappel épistémologique : les êtres humains sont des systèmes non triviaux, imprévisibles, dépendants de l’histoire et du processus ; la pratique suppose d’accepter une « incertitude sécuritaire » et de construire un cadre suffisamment structuré pour soutenir l’exploration. Ensuite, une insistance sur la circularité (plutôt que les causalités linéaires), et sur un changement pensable à plusieurs niveaux – pragmatique, cognitif, émotionnel.

Nous avons aussi retenu des pistes très opérantes : l’importance d’oser le conflit comme source d’information (à condition d’un espace interne/externe de sécurité), l’attention aux enfants comme « experts » de leur famille et pleinement partenaires du travail, et des propositions stimulantes sur le rôle de l’espace et du corps en thérapie (l’environnement comme co-acteur du processus).

Parmi les voix qui ont particulièrement nourri notre réflexion, citons Umberta Telfener, qui interroge avec force la posture du thérapeute systémicien face aux violences du monde et la responsabilité éthique qui en découle ; Marcelo Ceberio, dont les repères épistémologiques (circularité, instabilité des systèmes, niveaux du changement) redonnent une ossature claire à la pratique ; Jean-Claude Maes, qui éclaire finement les dynamiques d’emprise et les mythes fondateurs du couple ; Myriam Cassen, sur l’articulation attachement-psychotrauma et l’ouverture du cadre au-delà du cabinet ; Martine Nisse, dont l’approche rigoureuse des violences intrafamiliales rappelle l’importance du cadre, des rituels et du travail en réseau ; Maurizio Frisina, qui propose une lecture stimulante de l’espace (lieu, institution, corps) comme co-acteur du processus thérapeutique ; et enfin Bernard Filleul, avec l’outil DIXSYST, véritable objet médiateur pour faire émercher autrement les logiques relationnelles. Autant de pistes concrètes et d’idées fécondes : le compte-rendu détaillé, accessible dans les Ressources du site Systemoun, en déplie les apports et permet d’en prolonger la lecture.