
Intervenants
Emmanuel Duteurtre, psychologue clinicien à Mérignac, thérapeute familial systémique, membre actif de l’association Systemoun.
Marie Dalo, thérapeute familiale systémique à Soorts, addictologue, assistante sociale, membre active de l’association Systemoun.
Simon Dupont, psychologue clinicien au Ch. de Dax, thérapeute familial systémique, membre actif de l’association Systemoun.
Julien Besse, psychologue-psychothérapeute systémique au Puy-en-Velay. Directeur du Complexe Systémique. Formateur. Superviseur. Vice Président de la SFTF.
Christophe Brèthes, praticien hospitalier au Ch. de Saint-Sever, psychogériatre, thérapeute familial, président de l’association Systemoun.
Argumentaire
Dans l’histoire de la thérapie familiale, les mots « Résilience », « Résonance » et « Résistance » forment un trio. Et pourtant, le dernier, résistance, reste souvent le grand oublié des formations.
Tout thérapeute en fait pourtant très vite l’expérience. Après avoir étudié les modèles, intégré les concepts, travaillé les techniques auprès des meilleurs maîtres, vient le moment de la rencontre clinique réelle : avec les patients, les familles, les couples, les institutions… et avec ce qui ne se laisse pas transformer si facilement.
La résistance n’est pas un simple obstacle. Elle est parfois le cœur même du travail thérapeutique. Elle oblige à ralentir, à écouter autrement, à interroger nos manières d’intervenir, nos attentes, nos stratégies, mais aussi les contextes relationnels, familiaux et institutionnels dans lesquels le changement est recherché, et souvent redouté.
C’est à cette question essentielle que l’association Systemoun consacre son colloque cette année.
Des thérapeutes expérimentés proposeront des apports théoriques, des situations cliniques et des ateliers afin de réfléchir avec les participants aux résistances rencontrées dans nos pratiques : celles des patients, des familles, des institutions… mais aussi parfois les nôtres.
Comment les reconnaître ?
Comment les comprendre ?
Comment composer avec elles sans les fuir, les forcer, les nier ou s’y épuiser ?
Programme
(journée animée par Emmanuel Duteurtre)
Matinée
La résistance : éléments théoriques
9h-9h05 : Discours d’accueil. Christophe Brèthes.
9h05-9h20 : Présentation du colloque. Emmanuel Duteurtre.
9h20-10h : La résistance, gardienne des compétences : relire l’impasse thérapeutique dans l’accompagnement des troubles de l’usage. Marie Dalo.
L’impasse thérapeutique en addictologie ne relève pas d’une défaillance, mais souvent d’une rencontre entre deux temporalités incompatibles : celle du patient, marquée par les cycles de rechute et l’ambivalence, et celle du professionnel, confronté à l’usure de l’accompagnement.
Cette intervention propose de revisiter nos lectures de la « résistance » et de la « non-motivation » en mettant au jour les compétences et les ressources déjà présentes chez les patients et leurs familles.
L’intention est d’esquisser des pistes pour desserrer le sentiment d’impasse, que ce soit du côté des patients ou des professionnels.
En s’appuyant sur des vignettes cliniques et les apports théoriques de Guy Ausloos (la compétence des familles) et Michael White (les pratiques narratives), nous explorerons comment reconnaître et valoriser ce qui fonctionne déjà, plutôt que de centrer notre attention sur ce qui résiste. L’intention est d’esquisser des pistes pour desserrer le sentiment d’impasse.
10h20-11h00 : Le cadre : à quoi jouons-nous ? Simon Dupont.
Qu’est-ce qui fait le jeu ? Qui jouerait à un jeu sans règle ?
Les règles, si souvent étudiées pour décrire un système familial, le sont peu dans le système thérapeutique. Pourtant, la thérapie n’échappe pas à cette logique : elle est, en un sens, un jeu – avec ses joueurs, ses enjeux, ses mouvements – et, comme tout jeu, elle ne peut exister sans règles, sans cadre. Je propose lors de cette intervention d’explorer le cadre thérapeutique sous le prisme des règles du jeu, à travers trois temps.
Dans le premier, je mettrai en avant qu’aucun jeu ne se satisfait d’aucune règle. Sans règle, seul règne le chaos. Alors, comment pouvons-nous « jouer à la thérapie sans règle ? ». J’aborderai dans cette partie quelques éléments de réponse à cette question, et nous essaierons de repérer les choix que nous faisons en tant que thérapeutes.
Au cours du deuxième temps, je développerai l’hypothèse selon laquelle le cadre n’est pas seulement là pour le patient, mais qu’il est un tiers pour le système thérapeutique – il structure, sécurise et préserve également le thérapeute. Nous verrons que le cadre assure un confort au thérapeute et offre un espace de pensée.
Lors du troisième temps, j’exposerai le fait que les règles peuvent devenir des jeux en soi. En thérapie systémique, la façon dont une famille joue avec les règles – les contourne, les teste, les transgresse – est une information clinique majeure qui doit être utilisée.
Ce faisant, nous pourrons alors nous demander : à quoi jouons-nous ?
11h20-11h40 : pause.
11h40-12h20 : Qui résiste à quoi ? Nouveaux défis à l’ère du numérique. Julien Besse.
Le numérique ne transforme pas seulement nos outils ; il transforme l’écologie même dans laquelle les problèmes psychiques, relationnels et sociaux se construisent, se nomment, se diffusent et se stabilisent. À partir d’une vision constructiviste, seront interrogées les nouvelles formes de résistance qui traversent aujourd’hui le champ clinique : résistances des patients face à l’incertitude, résistances des familles face à la complexité, résistances des institutions face au désordre, résistances des algorithmes face à la nuance, mais aussi résistances des professionnels eux-mêmes face à la perte de leurs repères habituels. Comment l’altérité peut-elle encore être accueillie dans une société où chacun tend à se regrouper dans des bulles de confirmation et où la pensée différente est de plus en plus vécue comme une menace ? En envisageant l’impasse non comme l’échec d’un individu, mais comme une propriété émergente des systèmes contemporains, un déplacement du regard sera proposé : il ne s’agira plus seulement de chercher qui bloque le changement, mais de comprendre comment chacun, à sa place, tente de réduire l’incertitude. Une intervention pour penser autrement les défis cliniques de notre époque, préserver la complexité du vivant et réinventer une posture thérapeutique capable de rester lucide, relationnelle et créative à l’âge de l’IA.
12h30-13h30 : pause déjeuner. Les participants devront rester sur place, car un buffet sera mis à leur disposition. Il est inclus dans le tarif d’inscription.
Après-midi
La résistance : exercices pratiques avec le public
13h30-14h : L’art de surmonter les résistances dans la littérature systémique classique. Christophe Brèthes.
Pour introduire les exercices pratiques de l’après-midi, nous nous proposons de présenter brièvement un livre devenu classique, qui n’a jamais été traduit en français : Mastering Resistance (1983), de Carol M. Anderson et Susan Stewart.
Cet ouvrage a l’intérêt majeur d’élargir la vision et de ne pas réduire la résistance à une opposition du patient ou de la famille. Il la considère comme un phénomène systémique, qui peut surgir dans la famille, chez le thérapeute, dans le cadre institutionnel ou dans l’organisation même de l’aide.
Nous verrons comment les autrices décrivent les résistances dès le premier contact, dans la construction du contrat thérapeutique, dans les attaques contre la compétence du thérapeute, puis au cours du travail engagé. Ce détour par un texte fondateur nous servira de point d’appui pour aborder ensuite, de façon pratique, les exercices réflexifs de l’après-midi.
14h-15h : exercices pratiques. Première partie.
15h-15h20 : pause.
15h20-16h45 : exercices pratiques. Deuxième partie.
16h45-17h : conclusion et fin du colloque.
INFORMATIONS PRATIQUES
Cette journée de formation s’adresse à tous types de professionnels qui exercent dans le champ médico-social et sanitaire.
Les conférences auront lieu au Centre de Formation des Personnels de Santé (CFPS), sur le site de Sainte-Anne, du CHI de Mont-de-Marsan : Accessibilité CFPS
Une buffet d’accueil avec boissons chaudes et viennoiseries, ainsi qu’un cocktail avec pièces salées et sucrées à la pause de midi sont offerts aux participants.
Pour vous rendre au colloque en voiture, tapez « centre hospitalier de Sainte-Anne, Mont-de-Marsan » dans votre GPS.
Visuel de l’entrée du site : urlz.fr/qPb9
Suivre ensuite le plan ci-dessous. De nombreuses places de parking gratuites sont disponibles.

Pour nous contacter : asso@systemoun.com
Les sites, parkings, espaces communs et salles de cours sont accessibles par les personnes à mobilité physique réduite. Les personnes en situation de handicap peuvent contacter le référent handicap du CFPS mail à l’adresse : Handicfps@ch-mdm.fr
Tarifs
40 € — Membre de l’association Systemoun
50 €— Etudiant/stagiaire
80 € — Inscription individuelle en distanciel
90 € — Inscription individuelle en présentiel
100 € — Inscription institutionnelle en distanciel
110 € — Inscription institutionnelle en présentiel